La Cour suprême des États-Unis ne s'est pas prononcée mardi comme prévu sur les tarifs douaniers du président Donald Trump. Le dernier lot de décisions émises mardi matin par la Cour n'incluait pas l'affaire des tarifs douaniers.
Selon les rapports, les juges entendront mercredi les arguments concernant les efforts de Trump pour évincer la gouverneure de la Réserve fédérale Lisa Cook, mais aucune opinion n'est prévue pour publication.
Après mercredi, la cour se prépare à entamer une pause de quatre semaines, et selon ses procédures habituelles de publication des opinions, la prochaine date potentielle pour une décision sur les tarifs douaniers est le 20 février.
Lors des audiences de la fin de l'année dernière, les juges ont exprimé suffisamment de scepticisme quant aux affirmations de la Maison-Blanche pour que les marchés s'attendent maintenant à ce que la Cour suprême statue contre Trump.
Selon le site de paris Polymarket, il y a 31 % de chances que la cour se range du côté de la Maison-Blanche, bien que cette probabilité ait diminué depuis le début du mois.
Cote que la Cour suprême statue en faveur de Trump. Source : Polymaket
Les avocats spécialisés en commerce affirment que la décision à venir de la Cour suprême américaine sur les tarifs douaniers du président Donald Trump pourrait lui refuser le pouvoir légal de mettre en œuvre de nouvelles menaces tarifaires, y compris celles visant les membres de l'OTAN concernant la souveraineté du Groenland.
Les avocats ont déclaré que les menaces tarifaires ciblées formulées par Trump pendant le week-end reposeraient probablement sur la même autorité légale en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA) que la Cour suprême va trancher.
Michael Lowell, associé et président du Global Regulatory Enforcement Group, a déclaré : « Comme pour les tarifs douaniers sur le Brésil, si la Cour suprême décide que l'IEEPA ne donne pas au président le pouvoir d'imposer des tarifs douaniers, alors ces tarifs menaçant les membres de l'OTAN seraient illégaux. »
Comme l'a rapporté Cryptopolitan, Trump a annoncé samedi que si aucun accord n'est conclu permettant à Washington d'acquérir le Groenland, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande feraient face à des tarifs douaniers croissants, commençant à 10 % le 1er février et atteignant 25 % le 1er juin.
Selon Michael Lowell, si la Cour annule les tarifs douaniers, les entreprises du groupe OTAN qui devraient payer les tarifs menacés pourraient devoir prendre de nouvelles mesures juridiques. « Il pourrait encore être nécessaire pour les entreprises qui importent de ces pays d'intenter une action en justice pour faire respecter [...] ce serait un procès rapide puisque la loi serait claire selon la décision. »
Les dirigeants européens ont qualifié cette dernière salve tarifaire de forme de chantage. Ils délibéreraient sur des réponses potentielles, notamment la mise en œuvre d'un instrument anti-coercition qui pourrait limiter l'accès des États-Unis à l'Union européenne, la troisième économie mondiale.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré qu'il est « très peu probable » que la Cour suprême annule l'utilisation par Trump des pouvoirs d'urgence pour imposer des tarifs douaniers. Selon lui, même si l'administration perd, de nouveaux tarifs douaniers entreront en vigueur immédiatement.
Les avocats spécialisés en commerce affirment également que le président pourrait utiliser l'enquête récemment achevée de la Section 232 sur les minéraux critiques pour imposer des tarifs douaniers. Le Groenland est une île riche en minéraux qui est un territoire semi-autonome du Danemark.
La section stipule que si les négociations n'aboutissent pas, « il peut être approprié d'imposer des restrictions à l'importation, telles que des tarifs douaniers, si des accords satisfaisants ne sont pas conclus en temps opportun. »
Dans la dernière politique de la Section 232 sur les minéraux critiques, le texte stipule que la branche exécutive du gouvernement se réserve le droit pour le président d'imposer des tarifs douaniers.
Cependant, une décision contre Trump sur les tarifs douaniers représenterait sa plus grande défaite juridique depuis son retour à la Maison-Blanche. Une décision contre Trump pourrait également ouvrir la voie à plus de 130 milliards de dollars de remboursements.
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