Selon un expert juridique, la Cour suprême devrait vider de sa substance un précédent juridique vieux d'un siècle et étendre le pouvoir de Trump sur les agences indépendantes.
Lisa Graves, chercheuse en investigation juridique et biographe du juge en chef John Roberts, a mis en garde dans un récent article sur la façon dont la Cour suprême (SCOTUS) statuera dans l'affaire Trump c. Slaughter plus tard ce mois-ci. Elle craint que la cour ne renverse Humphrey's Executor, le précédent de 1931 qui interdit aux présidents de licencier les commissaires de la Federal Trade Commission sans motif valable.

« Il s'agit d'un choix — illégitime — et non d'une nécessité ou d'une exigence de la loi, quoi qu'en disent John Roberts et ses collègues nommés par les républicains à la Cour suprême », a écrit Graves. « Leur décret sera habillé dans le langage de la "séparation des pouvoirs", mais ce n'est qu'un costume pour cette extraordinaire prise de pouvoir. »
L'affaire Trump c. Slaughter découle du licenciement par Trump l'année dernière de Rebecca Slaughter et Alvaro Bedoya, les deux commissaires démocrates de la FTC. Les tribunaux inférieurs avaient d'abord réintégré Slaughter, mais la Cour suprême est intervenue via son rôle d'urgence pour l'écarter de la commission le temps que l'affaire se déroule, selon Graves.
La justification de Trump pour licencier les deux commissaires était fondée sur la théorie de l'exécutif unitaire, affirmant que tout le pouvoir exécutif lui « appartient », lui permettant de « licencier n'importe qui dans la branche exécutive à tout moment, pour n'importe quelle raison ou sans raison du tout », a expliqué Graves.
La décision de la Cour suprême en faveur de Trump confirmerait cette affirmation. Elle a souligné les conséquences concrètes, notant que la FTC a abandonné plus d'une trentaine d'enquêtes sur des fusions depuis le licenciement de Slaughter, notamment celle portant sur une acquisition de 32 milliards de dollars par Google de la startup Wiz.
